Vous n’avez pas de masques dans votre établissement ? Impossible selon le directeur de cabinet du recteur !

mercredi 9 septembre 2020
par  SUD Education 03

Ce mardi 8 septembre, Macron, Blanquer, Vidal et Moreno sont venus à Clemront Fd faire la promotion de leur "égalité des chances", nouvel angle de communication pour laisser croire au grand public que le gouvernement ne serait pas que de droite.
Aujourd’hui à l’appel de Solidaires, CGT, FO, FSU, UNEF, un rassemblement s’est tenu sous le rectorat pour contester la politique libérale de Macron.

Des représentants de Solidaires (SUD éducation), CGT Educ’Action, FSU et UNEF ont été reçus par le chef de cabinet du président de la République, ainsi que par le directeur de cabinet du recteur.
A cette occasion, nous avons souligné le fait que plusieurs collègues de plusieurs établissements se plaignent de ne pas avoir de masques du tout, ou de ne pas avoir assez de masques (pour rappel, l’administration garantit deux masques en tissus par adulte). Faux ! répond le directeur de cabinet du recteur, l’administration s’est assurée que tous les personnels de l’académie en avaient en quantité suffisante. SUD éducation a rappelé qu’il y a une différence entre la théorie et la réalité du terrain.
Nous avons créé ce formulaire pour recenser les établissements dans lesquels vous n’avez pas de masques en quantité suffisante. Nous nous chargerons de faire remonter l’information à l’administration.

Lors de cette entrevue, le représentant de Solidaires (SUD éducation) a pu rappeler que "l’égalité des chances" ne garantit pas l’équité. En effet, quand il y a chance, il n’y a pas d’égalité. Nous pensons que parler de "chance", c’est se placer dans une optique individuelle et concurrentielle. Nous demandons a contrario l’égalité des droits (à la réussite scolaire par exemple). Pour cela il faut des postes, ce dont M. Macron ne veut pas entendre parler car les "les enseignants ne sont pas nécessaires au redressement économique".

Nous avons pu également aborder l’impréparation totale du ministre de l’Education nationale pour cette rentrée  : on ne peut pas faire du kayak,de l’escalade et de la boxe tout l’été et garantir un fonctionnement correct des établissements à la rentrée. Quid des personnels vulnérables ? Où sont les postes réclamés par les organisations syndicales pour garantir une baisse des effectifs dans les classes (et donc limiter la propagation du virus) ? Certains pays (Italie, Espagne) ont fait le choix de réquisitionner des bâtiments, de créer des dizaines de milliers de postes. En France, rien de tout cela. En terme de gestion de crise, on peut largement faire mieux !

Avec les autres organisations syndicales, nous avons abordé le cas particulier des AESH et des personnels précaires, qui avec leurs nouveaux contrats n’ont parfois pas accès aux soins.

Il a été fait mention des conditions de rentrée et de vie des étudiants dans le supérieur  : contrairement aux annonces de Macron aujourd’hui, la jeunesse est sacrifiée : de très nombreuses·eux étudiant·e·s vivent dans la précarité, et la détresse augmente. Il faut un plan d’urgence pour que les jeunes vivent dans des conditions décentes, il faut des masques gratuits pour toutes et tous.

Nous avons demandé au chef de cabinet de M. Macron que la répression à l’encontre les personnels dans les différentes académies prenne fin.
En effet, mercredi dernier, Bruno Querre, directeur de cabinet du recteur, a reçu avec le DRH Dominique Bergopsom une délégation autour du cas de l’enseignante du lycée de Chamalières. Tous les deux ont affirmé qu’il n’y avait pas de faute de la part de cette collègue, qu’il ne s’agissait pas de répression syndicale, et que son départ du lycée participait à rétablir la sérénité dans l’établissement. Ils ont ajouté qu’en cas de recours au tribunal administratif, leur dossier était solide.
Or, vendredi, le TA s’est prononcé sur le recours en référé et a demandé la réintégration sans délai de cette enseignante au lycée de Chamalières, en qualifiant la décision du recteur de « sanction déguisée » portant « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté syndicale de l’intéressée ».
Un désaveu sans ambiguïté pour le recteur de Clermont et ses subalternes pourtant bien sûrs de leur fait deux jours plus tôt.
De même, il est donc temps que les menaces de sanction à l’encontre des représentant·e·s syndicaux et du lycéen désigné·e·s arbitrairement par les services du rectorat comme responsables de l’intrusion dans le lycée Blaise Pascal en janvier 2020 soient suspendues.