Situation sanitaire : courrier à la DASEN et saisi du CHSCT-D

jeudi 6 janvier 2022
par  SUD éducation 03

Courrier adressé à la DASEN et au CHSCT-D :

Le CHSCT départemental se réunissant le jeudi 6 janvier, nous le saisissons sur les conditions de travail liées aux conséquences et à la gestion de la crise sanitaire à partir des remontées de collègues que nous avons reçues.

Une situation angoissante pour les collègues par une gestion dans et par l’urgence

- La dernière mise à jour de la foire aux questions le dimanche 2 janvier après 18h pour une application dès le 3 janvier : un délai si réduit ne permet pas de telles exigences. L’angoisse de ne pas les respecter ou de commettre des erreurs est importante et s’ajoute à celle de devoir organiser les choses dans l’urgence.

- Apprendre dans la presse la lendemain de la rentrée que la garde des enfants de soignants sera organisée : nous savons que cela n’est pas encore prévu concrètement et reposera sur l’engagement des personnels, et une fois encore dans l’urgence. Nous rappelons ici que l’indemnisation financière de cet engagement pour l’accueil des élèves en avril dernier n’a toujours pas été versée.

- La nouvelle politique de tests des élèves cas contacts amène des questions quant sa mise en œuvre : les élèves reviendront au fil des résultats, la vérification des attestations par les enseignants, la conduite à tenir si un nouveau cas positif est détecté entre deux tests. Tout cela nécessite des procédures plus explicites.

Un manque d’équipement

- Nous ne connaissons aucune classe ou salle équipées de capteurs de CO2 ou de purificateurs d’air alors que cette mesure est recommandée depuis plusieurs mois. L’État et les collectivités locales ne peuvent pas utiliser leurs prérogatives respectives comme excuses pour ne pas les assumer : ils doivent, comme employeurs et responsables des locaux organiser la mise en place de ces systèmes de protection.
- Sur la question de l’aération, nous signalons le collectif de chercheurs « Nous aérons » qui propose un simulateur sur son site pour estimer le temps d’aération nécessaire. Dans la majorité des cas correspondants à une salle de classe, il faudrait aérer toutes les 15 minutes. Cela montre l’insuffisance des préconisations ministérielles.
Dans de trop nombreux cas, le bâti scolaire ne permet pas l’accueil de tous les élèves dans des conditions sécurisantes. Plusieurs ministères ont déjà prix des mesures prévoyant l’évacuation de salles en fonction du taux de CO2. Pourquoi une telle différence de traitement pour les personnels de l’Éducation nationale et les élèves ?

Les masques 

- Les masques fournis par le ministère ont déjà été critiqués : peu confortables, non adaptés et pas suffisamment protecteurs. De plus les dotations sont insuffisantes.
La majorité des personnels s’équipe donc en achetant elle-même ses propres masques. Cette situation n’est pas acceptable et demanderait à minima une prise une charge financière de cet équipement si l’employeur n’est pas en mesure de le fournir.

L’accueil des élèves et le remplacement

- Le manque de remplaçants complique évidemment la situation pour l’accueil des élèves. Et d’autant plus avec la règle de non brassage. Cela pose la question de la sécurité des élèves et de la responsabilité des personnels qui en ont la charge.
Nous rappelons que la loi d’août 2008 sur l’accueil des élèves stipule que l’accueil se fait « lorsque les enseignements ne peuvent lui être délivrés en raison de l’absence imprévisible de son professeur et de l’impossibilité de le remplacer ». Ainsi, dès lors que l’absence est prévisible, il n’y a pas à accueillir les autres élèves s’il n’y a pas de remplaçant.

Le 5 janvier 2022