Retraites : face à l’enfumage, on reste mobilisé·es le 14 janvier et après

dimanche 12 janvier 2020
par  SUD Éducation 03

Les manifestations et actions qui se sont déroulées les 9, 10 et 11 janvier ont montré la détermination d’une large partie des collègues et de la population de ne pas laisser se détricoter notre système de retraite par une réforme injuste au profit de la finance.

Nous sommes face à un choix de société et nous ne sommes pas prêt·es à nous laisser voler nos retraites, le droit à la retraite, le droit à avoir une vie après le travail.

Aujourd’hui, la réalité, c’est qu’en moyenne :
- celles est ceux qui font valoir leurs droits à la retraites ne sont, pour la moitié, déjà plus en activités,
- la durée de cotisation est de 37 ans.

La reforme par point ne sera dont que le moyen de faire travailler plus longtemps (ou être plus longtemps en maladie ou au chômage) et surtout d’appauvrir les retraité·es.

Alors qu’au contraire, il faudrait rendre plus juste le système actuel avec des revendications comme :
- retraite à 60 ans maximum à taux plein (sans décote) et 55 pour les métiers pénibles,
- 37,5 années de cotisations,
- rester sur les meilleures salaires comme base de calcul,
- assurer l’égalité femmes homme, au travail et à la retraite,
- aucune retraite sous le SMIC.

C’est cela le progrès. C’est cela la modernité. C’est cela le syndicalisme responsable !

Nous rappelons que l’âge pivot, qui n’est que suspendu, fixé à 64 ans pour l’instant, correspond à l’espérance de vie en bonne santé.
L’année dernière, nous constations que la majorité des collègues demandant un aménagement de service pour des raisons médicales dans l’Allier avaient plus de 60 ans.

Les directions syndicales qui ont fait le choix de rejoindre le gouvernement, Macron et le MEDEF, portent la lourde responsabilité de diviser le monde du travail alors que la mobilisation dure depuis plus de 38 jours.

L’heure est donc, plus que jamais à la mobilisation face à un pouvoir fébrile qui recourt à la répression pour se sentir fort.

Cette semaine nous devons opposer notre détermination à leur violence.

14 janvier :GREVE GENERALE avec une MANIFESTATION DEPARTEMENTALE à Montluçon à 10h30, suivie d’une assemblée générale de l’Education à 13h.

15 janvier : Actions prévues et diffusion de tracts

16 janvier : manifestations à 18h (retraites aux flambeaux) à Montluçon (J. Dormoy), Moulins (pl.de la Liberté) et Vichy (pl. de la Poste).

Plus nous serons nombreux·ses, plus vite nous gagnerons !

A l’heure des E3C (réforme du bac), des suppressions de postes à venir, des évaluations nationales, des attaques contre notre statut. Il est nécessaire que nous montrions notre force et notre capacité à résister !


Communiqué de SUD éducation

Suite aux annonces d’E. Philippe, ne nous laissons pas enfumer : en grève reconductible la semaine prochaine pour le retrait du projet de réforme

Au cours de la 38e journée de grève contre le projet Macron-Delevoye, le premier ministre a adressé un courrier aux organisations syndicales. Ce courrier confirme ce que l’on savait déjà : non seulement le gouvernement veut imposer contre la volonté majoritaire un projet de retraite par point, mais il veut faire des mesures d’économies en maintenant un âge pivot.

Tout le reste n’est que de l’enfumage  : la définition de l’âge pivot (renommé dans le courrier “âge d’équilibre”) serait conditionné au fait que les partenaires sociaux trouvent un accord d’ici avril. Dans tous les cas, le gouvernement se laisse la possibilité de le modifier par ordonnance.

L’objectif de la réforme est clair : faire travailler toujours plus longtemps, affaiblir les mécanismes de solidarité pour baisser les pensions. Et on en connaît déjà les bénéficiaires : le patronat et l’Etat (dont il n’est jamais question d’augmenter les cotisations) et les caisses de retraites par capitalisation, comme Blackrock.
L’objectif du courrier est clair également : donner aux syndicats d’accompagnement comme la CFDT et l’UNSA, qui ne sont pas à l’origine de la grève, une porte de sortie pour se donner abusivement un satisfecit, ce que leurs directions se sont immédiatement empressées de faire. Gageons que leurs bases ne se feront pas avoir, en particulier dans les secteurs engagés dans la grève reconductible.

Les tentatives de division et d’enfumage du gouvernement, alors même que les grévistes revendiquent depuis le début du mouvement le retrait pur et simple du projet Macron-Philippe de casse des retraites, montrent à quel point il est en difficulté. La répression qui s’est exercée aujourd’hui, notamment à l’égard de personnels de l’éducation, en est un autre exemple. C’est le moment de porter le coup de grâce à cette réforme majoritairement condamnée dans l’opinion publique.

Les forces vives du mouvement, les grévistes, ne s’y tromperont pas, et continueront de revendiquer, par leur mobilisation, l’objectif de retrait pur et simple du projet de réforme. C’est dans ce cadre que SUD éducation appelle l’ensemble des personnels de l’éducation à reconduire la grève dès le début de la semaine prochaine.

À cet égard, l’appel de l’intersyndicale de l’éducation CGT-FAEN-FO-FSU-SUD éducation à de prochaines dates de grève et de manifestations les 14, 15 et 16 janvier, qui s’inscrit dans l’appel intersyndical interprofessionnel CGT-CGC-FO-FSU-Solidaires, doit être un point d’appui majeur pour l’amplification d’un mouvement de grève reconductible à même de faire plier le gouvernement et obtenir le retrait du projet gouvernemental.