Loi sur la transformation de la fonction publique.

Quand l’Education Nationale devient la grande muette : Silence ! On casse !
jeudi 23 avril 2020
par  SUD Education 03

Cela faisait déjà un certain temps que c’était dans l’air, désormais, nous pouvons le dire, la loi sur la transformation de la fonction publique est bien entrée en vigueur au sein de notre hiérarchie et de l’administration !
Nous avons pu constater parmi les différents syndicats départementaux de SUD éducation - et cette vision semble partagée par les autres syndicats (quelque soit leur tendance et leur positionnement face à la hiérarchie par ailleurs) - que quelque chose a bel et bien changé dans notre rapport avec l’Institution.

Les demandes concernant les promotions et encore plus fortement le mouvement des personnels se heurtent à un refus catégorique de dialoguer dans les rectorats les plus zélés, à une hypocrite réponse sans réponse pour les plus polis, en passant par le silence radio pur et simple pour ceux qui ne s’embarrassent pas de forme.
Ceci n’a rien à voir avec un quelconque hasard, c’est le résultat de la loi de transformation de la fonction publique et d’une vision gouvernementale, qui fait que les syndicats, qu’ils soient élus ou non, sont mis systématiquement hors jeu par l’administration et la hiérarchie.

Cette loi institue, de facto, que les syndicats ne sont plus des interlocuteurs légitimes, et qu’ils doivent être au mieux contournés ou au pire, être tout simplement éjectés du cadre de dialogue institutionnel ou non (ce qui n’empêche pas, au reste, certain⋅es DASEN de répondre à des collectifs parfois obscures montés à la va vite sur des réseaux sociaux sans véritable ligne claire dans ses objectifs).

Nous savons que la représentation paritaire était loin d’être satisfaisante. Et surtout aucunement suffisante dans la lutte pour leur droit des travailleur⋅ses enseignant⋅es. Mais l’absence totale de dialogue et de réponses de la hiérarchie prend une dimension qui interroge.

Nous sentons bien que l’Éducation Nationale ne veut plus rendre des comptes aux syndicats. Dans l’inspiration néolibérale de cette loi, elle ne veut qu’une seule chose, que l’enseignant⋅e devienne un⋅e individu⋅e seul⋅e face à une institution devenue boite noire (que ce soit pour le mouvement ou les promotions). Qu’il⋅elle n’ait plus que des recours individuels à formuler en cas de manquement de l’État employeur à l’encontre de ses droits et que, surtout, aucune représentation collective ne vienne interférer lui permettant de se défendre face à ce même employeur à armes égales juridiques ou légales.
Ceci pose une interrogation inquiétante quant à la représentation démocratique dans ce pays.

Qu’un syndicat soit élu ou non, il est une émanation représentative collective. Des élections se sont tenues pour en désigner des représentants. Pour exemple dans l’Allier, Sud éducation est le troisième syndicat représentant les enseignants du premier degré avec un élu en CAPD, l’administration n’en fait pas plus de cas pour tout autre syndicat non élu. Refuser le dialogue avec un syndicat élu ou non, constitue une vision inquiétante du système de la part du gouvernement.
La démocratie ne se résume pas à choisir au second tour d’une présidentielle entre un candidat ordo-libéral et un autre social-nativiste.

La démocratie c’est avant tout un cadre dans lequel peut s’appliquer le droit, où l’acteur qui n’est pas en position de force (en l’occurrence le⋅la travailleur⋅se) peut être représenté⋅e par un corps collectif qui assurera sa défense face à une institution qui sinon, aura toute latitude pour le⋅la broyer.
Cette loi entérine la vision de l’individu auto-entrepreneur de sa carrière et le⋅la prive d’un outil démocratique de défense collective. Il⋅elle sera donc seul⋅e face à son employeur l’État. Il⋅elle ne pourra que se retrouver en état de dominé⋅e lors de ses réclamations, et le traitement de son cas pourra se faire en catimini, en toute opacité et sur fond d’arbitraire triomphant.

Cette loi de transformation de la fonction publique doit être vue comme telle : une loi scélérate ! qui entérine et cherche à privilégier la vision ultralibérale du gouvernement actuel. Un monde SANS SYNDICAT et SANS DÉFENSE COLLECTIVE. Le monde de l’enseignant⋅e seul⋅e, devant se défendre seul⋅e face à une administration muette et inhumaine, dont les décisions se font par algorithme et par litanie de cases de compétences à cocher (voire tout simplement selon la soumission de chacun⋅e face à son⋅sa supérieur⋅e directe)
Cette vision caporalisée et destructrice de notre cadre démocratique appliquée au monde du travail doit être reconnue, dénoncée et combattue dans toutes ses manifestations.

Concrètement le suivi des carrières et des mouvements seront désormais quasiment impossibles à procéder. Seule solution : combattre cette loi et la détruire par la mobilisation tout en s’armant auprès de SUDéducation pour contrer cette tentative d’isoler l’enseignant⋅e pour mieux le⋅la dominer.

Macron décide pour vous d’un monde du "tous contre tous" et du "chacun pour soi", dans lequel vous serez seul⋅es face à la machine néolibérale administrative et hiérarchique.
Face à cette vision qui détruira les acquis sociaux et la démocratie, SUD vous propose la lutte collective et solidaire !

A vous de faire votre choix :
Cette vision néolibérale du monde, nous devons la combattre !