Garde d’enfant et reprise de l’école à la Blanquer !

Le "volontariat" obligatoire pour les collègues ?
samedi 2 mai 2020
par  SUD Education 03

Les enseignants⋅es ayant fait le choix légitime de garder leurs enfants à la maison pourront-ils⋅elles le faire, sans moyen de garde ?
C’est le problème qui se pose au vu de la situation.
Cesser tout télé travail impliquera de revenir physiquement à l’école,
quid des parents isolé⋅es ?
quid des couples d’enseignant⋅es ?
quid des enseignant⋅es vivant avec un⋅e conjoint⋅e qui ne télétravaille pas non plus ?

Les parents de France seraient donc volontaires pour remettre leurs enfants à l’école, SAUF ! les enseignant⋅es dans cette situation obligé⋅es de les mettre.

Encore une belle vision de l’égalité à la Blanquer !
Quand on pense que tout ceci sera pour assurer un service de ’garderie" nationale…

Voici notre courrier envoyé à la DASEN pour lui ouvrir les yeux sur cette situation familiale insupportable pour nos collègues.

Madame l’Inspectrice d’Académie,

Nous vous adressons ce courrier en vue d’attirer votre attention sur des cas de collègues enseignants du premier degré (et sans doute du second) qui nous ont interpellés sur leur situation familiale dans le cadre de la reprise des écoles.
En effet, cette reprise qui se tiendra à partir du 12 mai pour les élèves, se fait selon les textes nous étant parvenus, sur la base du « volontariat » de la part des familles. Or, nombre de nos collègues souhaitent ne pas mettre leurs propres enfants notamment les plus jeunes à l’école. Ce choix leur appartient, il est tout à fait légitime et se fait donc dans le cadre de ce « volontariat » préconisé par le ministère. Ils se retrouvent ainsi bloqués dans leur organisation familiale, quand ils ne disposent pas de moyen de garde.
Les cas peuvent être assez fréquents (couples d’enseignants, enseignant⋅es vivant avec un⋅e conjoint⋅e qui ne peut télétravailler, et surtout enseignant⋅e séparé⋅e élevant seul⋅e ses enfants), et de nombreuses remontées nous font état de ce problème.
Si ces collègues en question reprennent leurs semaines de classes en présentiel, alors ils n’ont pas d’autre choix que de devoir mettre eux aussi leurs enfants à l’école. On se retrouve dans un « volontariat » imposé de façon inégalitaire, par leur situation familiale. Le crise sanitaire que nous vivons complique énormément notre tâche professionnelle, il serait délétère d’ajouter à cela l’inquiétude (légitime et naturelle) de voir la santé de son propre enfant ainsi exposée.
Ainsi notre question est la suivante, car les textes et les recommandations manquent de précision à ce niveau.

- Au motif de garder son enfant à domicile, un enseignant peut-il continuer de travailler à 100 % du temps à distance sans revenir physiquement dans sa classe ? (comme cela s’est fait au reste, au cours des 6 dernières semaines scolaires, sur consigne et vive injonction de notre Institution).
Nous considérons que les personnels faisant le choix de ne pas mettre leurs enfants à l’école doivent pouvoir poursuivre l’organisation du travail mise en place depuis le 16 mars.