Évaluation d’école : la seule urgence est d’y résister. Communiqué commun des syndicats de l’Allier : CGT éduc’action, SGEN CFDT, SE UNSA, SNUIPP FSU et SUD éducation

samedi 14 mai 2022
par  SUD Education 03

Évaluation d’école : la seule urgence est d’y résister.

Communiqué commun des syndicats de l’Allier

A quelques semaines de la fin de l’année, notre hiérarchie a trouvé opportun de saisir une accalmie dans la pandémie pour lancer les évaluations d’école. Celles-ci émanent de la loi Blanquer de 2019 alors largement combattue.

Depuis plusieurs jours, nous sommes sollicités par des collègues qui s’inquiètent de ce nouveau dispositif. Nous partageons leurs appréhensions et leurs critiques, tant sur la forme que sur le fond.

La forme : il faudrait répondre au pas de course à une nouvelle injonction qui sera chronophage pour être prêt pour la première période de l’année prochaine. De plus, la somme des documents reçus, bien loin d’être une aide, montrent bien « l’usine à gaz » que représentera cette évaluation.

Le fond : que peut signifier une autoévaluation où on ne s’interrogerait que sur nos pratiques et notre contexte professionnel proche sans questionner le système dans lequel nous évoluons et ses besoins ? Quel intérêt peut-t-il y avoir à cette évaluation d’école ? Gagner plus de postes de RASED ou de remplaçants si ces aspects ressortent comme importants, aboutir à une autre organisation de l’école, choisie par l’équipe, en accordant des postes supplémentaires aux équipes qui en font la demande ? Il est malheureusement permis d’en douter.
Que tirer de questionnaires (aux familles, aux élèves et aux personnels) qui ressemblent à des enquêtes de satisfactions ?
Cette phase d’autoévaluation sera ensuite suivie d’une évaluation par une équipe extérieure. Il ne faudrait pas que l’évaluation externe ne soient qu’un prétexte qu’à répéter des injonctions ministérielles.

Pour ces raisons, nous considérons que ce protocole d’évaluation d’école ne sera pas une démarche professionnelle pertinente et profitable aux personnels et aux élèves, et qu’il ne soit qu’un outil de contrôle en vue d’imposer des pratiques avec une logique managériale qui sied très mal à l’École publique.

Nos syndicats ont décidé de faire passer un premier message :il n’y a pas d’urgence à se lancer dans un tel dispositif. Il est nécessaire de prendre le temps d’en discuter dans les écoles et de résister à ce protocole.

Nos syndicats proposeront des réunions d’informations syndicales communes, en visio et sans écran, au début du mois de juin.

Nous demandons aussi une rencontre rapide à Mme la DASEN. Vous pouvez continuer à nous faire remonter vos informations, vos remarques, notamment suite aux réunions d’information mises en place par les IEN.

Et si vous avez des doutes, voici un extrait du document servant de trame à l’auto-évaluation, le vocabulaire employé est éloquent sur la logique de ces évaluations :

Tableau de bord de l’école sur les différents axes du domaine (orientations stratégiques, instances et management) avec indicateurs de suivi· Identification, conception et mise en œuvre d’actions (projets, protocoles, accompagnement) · Degré d’implication et de mobilisation de l’ensemble des acteurs et leur bien-être au travail · Modalités de formation et d’information auprès des acteurs et partenaires · Capacité collective à gérer les crises et à redonner du sens en situation de crise et dans l’après-crise.