lettre ouverte à l’Inspectrice d’Académie de l’Allier

mercredi 6 mai 2020
par  SUD Éducation 03

Cette lettre ouverte a été rédigée avant la réunion du mercredi 6 mai avec la DASEN et les syndicats. Compte tenu des incertitudes qui restent malgré nos questions et surtout à l’anxiété que des personnels nombreux nous décrivent, nous avons choisi de l’adresser tout de même.

Madame la Directrice Académique,

Nous vous adressons une nouvelle fois un courrier et nous espérons que celui-ci sera traité avec plus d’attention que les précédents.

La situation est grave pour la santé de nombreux personnels. En effet nous n’avons jamais autant reçu de messages de collègues qui expriment leurs angoisses de devoir organiser une reprise en seulement quelques jours et avec peu d’informations dans une situation sanitaire inquiétante. Ils expriment leurs exaspérations face à des injonctions contradictoires et intenables, leurs difficultés à communiquer avec les familles quand rien n’est clair. Tout cela cause un profond mal-être
Et à tout cela s’ajoutent des pressions de la hiérarchie inacceptables.

Madame la Directrice Académique, nous vous informons solennellement : un nombre important des personnels, dont vous avez la charge avec une obligation de résultats pour leur santé, est en train de craquer. La pression exercée par les différentes strates hiérarchiques a déjà des effets inquiétants sur la santé psychique des personnels.

Nous exigeons donc que cessent toutes les formes de pression sur la préparation du 12 mai.

Si toutes les écoles ne rouvrent pas le 12, cela correspondra au propos du ministre qui a affirmé que le respect du protocole sanitaire était la condition pour rouvrir. Des termes repris également par le recteur.
On ne peut pas être souple avec ce protocole : ce serait mettre en danger les personnels et les élèves que de demander cela à une directrice·directeur ou un·e enseignant·e.

Nous exigeons la fin des pressions sur le travail à distance. Cela n’a aucun sens de demander d’effectuer ce travail à distance depuis une école. Pour assurer le travail à distance avec la majorité des élèves qui ne pourra être accueillie dans les écoles, les enseignant·es doivent pouvoir s’organiser comme ils et elles l’entendent. Ils et elles sont au travail depuis le 16 mars dans des conditions déjà difficiles. Cette pression du contrôle est insupportable.

Dans un courrier de l’Inspecteur coordonnateur du 30 avril, il est fait mention de bienveillance et de résilience pour les élèves. Nous vous demandons alors d’appliquer ces principes aux personnels.

Pour l’heure, c’est tout l’inverse qui est subi pour les personnels de l’Éducation nationale.

En espérant des précisions claires sur les points évoqués et un changement rapide dans la gestion des personnels, qui ne sont pas que des ressources humaines, veuillez recevoir l’expression de notre attachement à l’École publique et aux conditions de travail de celles et ceux qui la font vivre.

Montluçon, le 6 mai 2020