Carte scolaire : le confinement n’arrête pas les suppressions de postes !

vendredi 17 avril 2020
par  SUD Éducation 03

Encore une fois, la communication ministérielle
est basée sur l’enfumage autour de l’annonce de la création d’environ 1200 postes pour le 1er degré pour la rentrée prochaine.

Les mesures de carte scolaire (ouvertures et fermetures de postes) n’ont que peu bougé à l’issue du 2nd comité technique du 17 avril : la DASEN ne revient sur aucune fermeture et ouvre 2 classes (RPI de Bransat-Saulcet-Verneuil et à l’école Burlot de Bellerives) avec des moyens de postes de remplaçants (il n’y en aura que 2 au lieu de 4).

Au final 4 classes de maternelle fermeront, des postes de RASED et des décharges permettant la coordination de réseaux ruraux… et de nombreuses écoles n’auront pas d’ouvertures malgré de forts effectifs. Le dédoublement des classes de GS de maternelle ne commencera pas cette année non plus.

Le projet rejeté de la DSDEN le 9 avril en pj.

Communique_carte_scolaire_2020

En quelques chiffres pour notre académie :

• 43 postes 1er degré pour le Puy de Dôme (leur DASEN en demandait 65)
• 0 postes pour les autres départements de l’académie
• dans le 2nd degré près de 80 postes en moins (alors que le ministère annonçait 6 équivalents temps plein). L’Ecole ne serait plus importante après le CM2 ?

Les fermetures de classe se font toutes en maternelle.
C’était bien la peine d’avancer l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans pour en faire si peu cas ensuite.

Le ministère annonce qu’il n’y aura pas de suppressions dans les communes de moins de 5000 habitants mais les suppressions dans les collèges de Vallon en Sully, Cosne d’Allier et Cérilly sont maintenues.

L’Education prioritaire ne l’est plus vraiment : le dédoublement des classes de GS ne débutera pas cette année alors que c’était une priorité annoncée.

Les postes de remplacement 1er degré sont présentés comme des moyens pour ouvrir des classes : donc pas plus de classe ou pas plus de remplacement mais ce ne sera pas les deux.

Les réseaux d’aide spécialisé ou les réseaux ruraux continuent de disparaître au détriment de la prise en charge des besoins des élèves.

Pourtant les élèves les plus fragiles sont ceux qui subissent le plus la rupture d’apprentissage induite par la fermeture des écoles depuis le 13 mars. Que deviendront-ils ? Comment feront leurs enseignant·e·s quand, au sortir de la crise que nous traversons, il n’y aura plus (ou presque) de professionnels spécifiques pour les accompagner ?
Le ministère fait sa publicité sur l’école inclusive, sur l’accompagnement des élèves en difficultés et des familles fragilisées. Dans les faits, comme d’habitude, ces familles, ces enfants, ne sont pas la priorité de ceux qui gouvernent. L’école de la confiance, l’égalité territoriale, la promesse républicaine envers la jeunesse… ne sont que de jolies formules pour essayer de cacher que le gouvernement privilégie toujours la politique du chiffre sur la qualité des parcours scolaires de tous les élèves.

Dans le 2nd degré : On gagne des élèves et on perd des postes.

En lycée, c’est la réforme du bac qui permet au secrétaire général du rectorat d’expliquer pourquoi dans un établissement avec 40 élèves en plus, il y aura 70 heures en moins.
Au collège, les groupes à effectif réduit ont presque disparu, ailleurs ce sont des options. Et maintenant la barre de 30 par classe est franchie.