CAEN du 14 février 2019

Une séance assez mouvementée…
jeudi 14 février 2019
par  SUD Education 03

CAEN assez tumultueux pendant lequel des représentants du Conseil Régional ont été malmenés par tout le monde.

Dans les interventions liminaires toutes les organisations syndicales ont dénoncé la volonté de Blanquer de nous faire taire et tout le monde a cassé du bois sur la prétendue école de la confiance.

En PJ la déclaration faite au nom de Sud éducation (la citation a fait son effet).

Déclaration CAEN 14 février19

Maintenance informatique des lycées

Cette fonction croissante au fil des années ayant été donnée aux collectivités locales, c’est la région qui gère, bien mal en l’occurrence puisque les pannes signalées par les lycées ne diminuent pas et les représentants de cette région expliquent à chaque CAEN que "nous sommes en train de planifier la mise à niveau". Les représentants des parents d’élèves ont signalé de nombreuses situations restées sans réponse notamment dans l’Allier. Actuellement 8% des lycées de la région Auvergne-Rhône-Alpes (donc 24 sur 300) seraient à niveau quand la réforme des lycées prétend mettre en place une option Numérique et science de l’informatique (NSI) à la rentrée 2019. A suivre certainement…

Plan Marschall pour les lycées

C’est l’idée de Wauquiez le président de la région. Une volonté dès la rentrée 2017 de lancer un plan de rénovation des lycées de la région. Il devrait être financé à hauteur de 1,5 milliard d’euros pour les lycées publics et 120 millions d’euros pour les établissements privés. En fait le débat a surtout porté sur l’installation des portiques à l’entrée des lycées. Et les représentants de la région ne parlent que de sécurisation. Après des considérations sur la bonne utilisation des tourniquets qui provoquent des attroupements à l’entrée des lycées. Il a été fait remarqué aux représentants de la région que le temps ne réglerait rien à l’affaire et que face à une telle installation les élèves rentreraient toujours en fil indienne.
SUD éducation a déclaré : "Je ne doute pas de la volonté du président de la Région de contribuer au développement du marché de la sécurité mais je ne suis pas certain que de telles dépenses soient les plus urgentes et les plus utiles. Avant même que cela soit voté au Conseil Régional les organisations syndicales et de parents d’élèves ont fait connaître leur opposition à cette logique sécuritaire. Vous nous parlez de sécurisation comme si le lycée était un endroit où les jeunes et les personnels sont en danger."
Actuellement 35% des lycées de la région seraient "équipés". Le représentant de la région m’a répondu sans rire que la sécurisation ne se limitait pas aux portiques et qu’il fallait aussi considérer (toujours sans rire) "la sécurisation périmétrique"… c’est à dire le grillage et le portail.

Dotation globale horaire

Toutes les organisations ont fait remarquer la casse orchestrée pour la rentrée prochaine. Moins 175 élèves et 82 postes en moins. Cette situation va multiplier les services sur plusieurs établissements. Où vont aller les gens qui perdent leur poste ? Très peu de réponses de l’administration. Tout le monde a fustigé la réforme du lycée. Il est fait état de rassemblement devant plusieurs lycées de l’Allier cette semaine pour protester contre la réforme et la DHG. Il a été dit que le fond de la réforme des lycées fait comme si on avait face à nous des individus rationnels disposant de toutes les informations et de leur implication et qui dans la lutte de tous contre tous vont choisir ce qu’il y a de mieux pour eux et leur futur dès l’âge de 15 ans.

SUD éducation est intervenu sur les dotations pour les ULIS lycées : "Cette année encore, avec le soutien d’une intersyndicale les enseignants d’ULIS lycées vous demandent des heures pour faire leur travail à savoir la scolarisation en milieu ordinaire d’élèves porteurs de handicap. Monsieur le recteur, la réponse de votre conseiller technique ASH à ces collègues n’est pas acceptable. Nos collègues qui accueillent ces élèves et organisent leur scolarité dans les lycées n’ont pas à faire de projets et à rentrer en concurrence les uns contre les autres pour simplement remplir une mission qui est inscrite dans la loi et que tous les gouvernements mettent en avant depuis 2005. Si la scolarisation en milieu ordinaire est une fonction de l’école publique elle ne peut pas se réaliser en quémandant année après année des heures pour être effective. Cette scolarisation ne se fait pas dans de bonnes conditions et c’est bien l’éducation nationale qui est responsable de ce mal vivre de nombre d’enseignants face à ces élèves. L’engagement n’est pas à la hauteur d’une idée qui est juste et que pour notre part nous avons toujours soutenue et que nous continuerons à soutenir, à savoir : la scolarisation en milieu ordinaire du maximum d’élèves porteurs de handicap et dont les besoins éducatifs sont particuliers. Il faut aussi dans ce domaine parler des effectifs. Nous parlions précédemment de sécurité. Mettre ces élèves à 13, 14 ou 15 dans une classe c’est mettre leur sécurité en jeu. C’est faire du chiffre ce n’est pas faire de l’enseignement et de telles conditions de travail, c’est la garantie d’éloigner les enseignants les plus expérimentés de ces postes car eux, peuvent choisir de terminer leur carrière en IME où les taux d’encadrements sont paradoxalement plus acceptables… et je sais de quoi je parle"

Réponse du recteur et du secrétaire général : "Nous sommes d’accord avec vous. Il faut mettre en place un groupe de travail pour régler les questions relatives à la rentrée prochaine mais également pour traiter d’autres questions qui se posent sur ces scolarisations." Une réponse qui de fait désavoue le conseiller technique. Ce groupe de travail sera ouvert aux personnels concernés, les modalités ne sont pas encore définis.

Je continue : "Oui il faut certainement débattre de beaucoup de choses et notamment de qui sont les élèves affectés en ULIS lycée. Prétendre que ce doivent être des élèves capables de se présenter à un CAP s’est se mettre dans la situation de ne pas avoir ces élèves, et donc de les laisser en IME c’est à dire le contraire de ce qui était souhaité au départ. Il faut aussi clarifier les missions des personnels… qu’est-ce qui est réellement demandé aux enseignants notamment en LP quand ils accueillent ces jeunes dans leur classe ? c’est un véritable casse tête et le texte produit par madame le recteur il y a plusieurs années n’est plus adapté à la situation d’aujourd’hui. Il faut remettre tout cela en débat."

Donc l’administration s’engage à mettre en place un groupe de travail avant le 15 mars.

Parcoursup

Il a été fait remarquer le lien entre réforme des lycées, réforme du bac et Parcoursup. Le recteur qui vient du supérieur a bien tenté de répondre mais il était un peu court. L’augmentation du montant des frais d’inscription à l’université pour les étudiants étrangers extracommunautaires s’appelle "Bienvenue en France" ce n’est pas une blague…

Sur cette longue matinée qui s’est terminée vers 14H. Le recteur a ramé un peu seul et son secrétaire général ne l’a vraiment pas beaucoup aidé, notamment sur la réforme des lycées.


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