Bilan social de l’enseignement scolaire publié par le ministère de l’Éducation nationale : démissions, contractuel-le-s et inégalités hommes-femmes.

lundi 17 juin 2019
par  SUD Education 03

Le bilan social qui vient de paraître fait apparaître qu’à ce jour 8% des enseignants et 54% des non-enseignants du ministère de l’éducation nationale sont déjà des non-titulaires.

Si on regarde l’évolution du nombre d’enseignants dans le public de 2016-17 à 2017-18 le nombre de titulaires a légèrement régressé (de 377 postes !) alors que celui des contractuels a augmenté de 12% ! L’augmentation du nombre d’enseignants est donc totalement liée au recours aux non titulaires. Ajouté à cela, la plupart de ces contractuels sont sur des contrats précaires… La généralisation de la contractualisation étant un des points forts de la loi de transformation de la fonction publique adoptée récemment en première lecture par l’Assemblée, il est à craindre que ces chiffres explosent dans les années à venir et mettent à mal nos conditions de travail et nos collectifs de travail.

Deuxième point abordé : les démissions. Elle sont en augmentation chez les titulaires (dans le premier degré, elles sont passées de 322 en 2011-2012 à 861 en 2017-2018, et dans le 2nd degré de 447 en 2011-2012 à 538). Cependant, les démissions sont pour l’instant limitées en France par rapport aux autres pays européens, notamment grâce au statut de fonctionnaire, statut qui n’existe pas outre-manche.
SUD Education craint donc que le recrutement croissant des contractuels et la remise en cause du statut soient accompagnés d’une forte augmentation des démissions. Si ce statut disparaît, les conditions de travail étant ce qu’elles sont, il n’y a aucune raison pour qu’on ne subisse pas ce qui se passe actuellement outre-manche.

Dernier point, sur les inégalités hommes-femmes, le bilan note que "Dans le premier degré public, le salaire net des hommes est supérieur de 11 % à celui des femmes (5 % dans le secteur privé) et dans le second degré public, de 8 % (7 % dans le secteur privé)".