Pour les élèves et les personnels il faut réduire les effectifs des classes

vendredi 18 décembre 2015
par  SUD Education 03

On ne réformera pas le système éducatif contre les personnels

Que ce soit la réforme des lycées, puis la réforme des rythmes scolaires dans le premier degré ou aujourd’hui la réforme des collèges, aucune ne répond aux attentes des personnels concernant les conditions à mettre en place pour favoriser la réussite de leurs élèves. Aucune de ces réformes ne veut affronter réellement la question des effectifs d’élèves dans les classes. Pourtant, personne ne peut ignorer que les effectifs des classes constituent un des facteurs principaux d’inégalités à l’école. Vouloir s’attaquer à cette réalité nécessiterait d’autres choix budgétaires en lieu et place d’une communication ministérielle savamment étudiée.

Blocage à tous les étages

A l’heure où 13 organisations syndicales dont SUD éducation publient un appel à une nouvelle grève contre la réforme des collèges, SUD éducation veut construire une grève de la maternelle à la terminale, une véritable mobilisation face à une administration qui reste sourde sur l’essentiel et empile les réformes qui sont autant d’injonctions au seul don de soi.
En refusant tout dialogue sur l’avenir du collège, la ministre maintient une situation de blocage qui l’oppose à la majorité des personnels. Les nombreuses remontées des bilans des journées de « formation à la réforme » qui ont été organisées dans les académies montrent clairement que le refus de cette réforme reste profondément ancré chez les personnels, que les réponses à leurs questions concernant la mise en oeuvre concrète sont floues, imprécises ou dilatoires.
Dans le même temps le ministère ouvre des discussions sur « le bilan des réformes du lycée », tout en annonçant qu’elles ne pourraient déboucher que sur d’éventuels ajustements techniques à la marge. Le ministère refuse en fait de faire un bilan sincère et de discuter de modifications profondes, pourtant nécessaires, dans l’organisation du lycée !

Des annonces en trompe l’œil

Les chiffres concernant les moyens en postes d’enseignant-e-s pour la rentrée prochaine sont connus. Pour le ministère ils prétendent traduire « un effort sans précédent au service de la réussite de tous les élèves ». Au regard de la dernière décennie durant laquelle l’École Publique a subi à tous les niveaux une saignée véritablement sans précédent, la création de 6 639 postes d’enseignant-e-s à la rentrée prochaine dans les écoles, les collèges et les lycées pourrait sembler une bonne nouvelle. Dans la réalité vécue il n’en sera rien.

L’académie de Clermont-Ferrand, où les effectifs d’élèves seront relativement stables, se verra attribuer à la rentrée prochaine 45 postes supplémentaires, de la maternelle à la terminale et cela pour quatre départements, autant dire une goutte d’eau. Avec 30 postes pour les collèges et lycées et 15 pour les écoles, tous les problèmes qui se posent actuellement ne trouveront aucune résolution durant l’année scolaire prochaine.
Les conditions de travail et d’étude pour les élèves et les personnels ne seront pas améliorées. De la maternelle à la terminale, les nombreuses classes trop chargées ne connaîtront aucune diminution d’effectifs. Les conditions de remplacements des personnels ne seront pas améliorées. La formation continue avancera vers sa lente disparition, on tentera encore de nous faire croire qu’elle peut être remplacée par un face à face avec un écran d’ordinateur… Le taux de scolarisation des très jeunes enfants n‘augmentera pas. Les conditions pour une école véritablement inclusive ne seront pas remplies. Nos élèves continueront à « apprendre » les langues vivantes dans des classes de 30 et plus. L’aide à la difficulté scolaire restera dans l’état où l’a laissée Sarkozy. La prise en charge des élèves allophones restera une grande difficulté. Et chacun-e d’entre nous sera renvoyé au sentiment de ne pas arriver à remplir sa mission.
La pause démographique de notre académie et de bien d’autres aurait pu être l’occasion d’une réduction des effectifs dans les classes, condition nécessaire pour l’amélioration des apprentissages à tous les niveaux. Vouloir s’attaquer à cette réalité nécessitait d’autres choix budgétaires.

On peut choisir de faire voguer des porte-avions et d’entretenir des sous-marins nucléaires. Pour notre part, nous préférerons toujours la construction d’une école plus égalitaire, au service de tous les élèves et particulièrement de ceux des milieux populaires.

De tout cela, SUD éducation veut parler avec tous les personnels de la maternelle à la terminale pour tenter de construire une véritable mobilisation face à une administration qui reste sourde sur l’essentiel et empile les réformes qui sont autant d’injonctions au seul don de soi.


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