Déclaration liminaire de SUD éducation CTA du 26 mars 2015

mercredi 1er avril 2015
par  SUD Education 03

SUD éducation a pris connaissance des premières annonces de la ministre de l’Éducation nationale concernant la réforme des collèges, qui fait dans ce cadre état « d’un acte de confiance dans les équipes enseignants ».

SUD éducation s’interroge à son tour sur la « confiance » à accorder à ce projet de réforme et tient à rappeler son attachement au collège uniqu
e, son opposition à faire de l’école une antichambre de l’entreprise et son scepticisme face à l’importance accordée au numérique et au rôle qu’on veut lui donner.

En premier lieu, l’implication financière et pédagogique dans le numérique pose question : logiques économique et managériale, forme de surveillance des élèves et des personnels, partenariats avec des entreprises privées, appel à des prestataires privés, promotion de logiciels et formats propriétaires au détriment des logiciels et formats libres…

Ensuite l’ouverture d’un chantier des métiers et le futur « parcours de découverte du monde professionnel » ayant pour but de stimuler « l’esprit d’entreprendre » des élèves, en les plongeant dès le collège dans le monde de concurrence et de compétitivité des entreprises, est pour nous aux antipodes de l’objectif émancipateur de l’école.

SUD éducation revendique une ouverture sur le monde qui ne se limite pas à l’entreprise.
La vie ne se réduit pas à l’emploi et les élèves à de futur-e-s travailleuses et travailleurs. Les élèves pourraient en revanche être incités à découvrir d’autres milieux (militant, associatif, syndical, politique…). Nous contestons le statut de stagiaire positionnant les élèves dans une logique d’emploi. Être élève n’est pas un « métier » comme on a pu le lire.


Nous contestons aussi l’argumentation fallacieuse qui conduit à instrumentaliser les problèmes de décrochage
et les difficultés scolaires pour justifier l’abandon du principe d’égalité d’accès à l’éducation de toutes et tous.

SUD éducation continue de revendiquer un collège et un lycée uniques avec un enseignement polytechnique pour toutes et tous basé sur des pédagogies coopératives et émancipatrices.

SUD éducation s’ oppose donc à toute logique qui conduirait à la mise en place de filières différenciées, induites en creux par la notion de tronc commun partiel, et qui conduirait à une hiérarchisation de fait des formations dès le collège.

Concernant les IMP, à part en REP+ et dans le cycle terminal du lycée général et technologique, l’indemnitaire s’applique au détriment de la décharge horaire :

  • la décharge pour effectifs pléthoriques devient indemnité,
  • les enseignants-e- de lycée professionnel en cycle terminal sont privés de la pondération qu’ont leurs collègues de lycée général et technologique et, en face des nouvelles missions, on promet une indemnité.

Bien que le décret du 20 août prévoie la possibilité de décharges, elles s’avéreront sans doute exceptionnelles, au bon vouloir des recteurs. Les heures d’enseignement serviront à financer la politique managériale sur le dos des conditions de travail et d’apprentissage.

SUD éducation dénonce tout particulièrement la logique globale de ce décret sur les IMP qui consiste à instituer par l’indemnisation une hiérarchie entre les collègues.
Ces missions instituent des référent-e-s (de discipline, de cycle, de niveau, des activités EPS, culturel, numérique, décrochage).

Derrière la mise en concurrence des personnels et l’achat de leur docilité par le biais de l’indemnisation, c’est le contenu même des missions qui instaure une hiérarchie intermédiaire.
En effet ces référents « coordonnent la mise en œuvre des projets disciplinaires et interdisciplinaires », « assistent » ou « accompagnent le chef d’établissement… »

Cela vient renforcer la hiérarchie entre collègues en donnant légitimité aux coordinateurs (conseils pédagogiques) et aux représentants du personnel (conseil d’administration) de se prononcer sur les indemnités perçues par les collègues, et ce au détriment d’une prise de décision collégiale et autogestionnaire.

Terminons avec quelques chiffres…
En 2014 le budget de l’éducation nationale fut de 63 milliards quand les dividendes versés aux actionnaires du CAC 40 se sont élevés à plus de 62 milliards, soit une augmentation de 30% !

Par ailleurs pour honorer les échéances de sa dette et financer son déficit, Paris prévoit d’emprunter 174 milliards d’euros cette année3 ; 47 milliards iront directement au remboursement des intérêts. 

La charge de la dette, c’est aujourd’hui le deuxième poste budgétaire de l’État, pratiquement à égalité avec l’Education nationale.

SUD éducation dénonce la politique des gouvernements successifs qui menace directement l’école publique et appelle à la grève nationale interprofessionnelle du 9 avril.


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