Déclaration SUD éducation au CTA du 28 janvier 2013

vendredi 8 février 2013
par  SUD Éducation 03

L’année scolaire 2012-13 se déroule avec 12 000 postes de moins que la précédente, sans véritable plan d’urgence de rentrée de la part du gouvernement. Cette coupe supplémentaire programmée par le gouvernement précédent, sanctionné par les urnes, aurait pu trouver une
réponse partielle avec la titularisation des personnels précaires. Mais le gouvernement a choisi de perpétuer la précarité.

Pour l’année 2013-2014, les 7000 créations de postes ne correspondent pas au rythme nécessaire pour simplement réinstaller en cinq ans les postes supprimés durant le quinquennat précédent, sachant que la politique de réduction des moyens est plus ancienne encore. C’est
non seulement insuffisant mais, en plus, cela se fait à effectif constant de fonctionnaires, donc au prix de la dégradation durable des autres services publics.

Sans grande ambition budgétaire, le projet de refondation présenté par le Ministre Vincent Peillon est également sans grande ambition sur le plan pédagogique. En ne rompant pas avec des réformes combattues par les personnels et dénoncées par l’ensemble de la communauté scolaire, le projet du ministre ne laisse pas apparaître une logique forte de lutte contre l’échec à l’école. Un retour sur la réforme des LP qui a fragilisé le parcours d’élèves déjà en difficulté et sapé le travail des équipes pédagogiques aurait pu être un signe en ce sens. Il n’en est rien.
De plus, la volonté de centrer le projet sur le seul premier degré est fort discutable et permet de passer sous silence la désorganisation des établissements et autres effets néfastes de la réforme des lycées..

Des dispositifs qui font presque l’unanimité des personnels contre eux, comme ECLAIR ou le Livret Personnel de Compétences, ne sont pas supprimés, ils seront simplement retouchés ! Le système de fichage Base élève, même contesté par des instances de l’ONU, sera maintenu.
Les enseignants punis pour leur action militante de refus de certaines mesures n’ont même pas vu leurs sanctions annulées.

Avec la scolarisation élargie des enfants de deux ans, l’annonce d’un projet de formation professionnelle des enseignants ou l’abrogation de l’ancien projet d’évaluation des enseignants, le bilan des mesures positives reste faible.

Pour les mesures nouvelles, nous nous opposons à une nouvelle étape de décentralisation. Nous sommes opposés à la régionalisation de l’orientation et de la carte de la formation professionnelle, mesures qui reviennent à soumettre davantage le service public d’éducation à
des intérêts locaux et clientélistes.

Le risque d’un replâtrage de la formation des enseignant-e-s est grand s’il n’y a pas clairement rupture avec la réforme précédente. Ce ne sont pas les emplois d’avenir professeur-e-s qui rendront socialement acceptables l’allongement de la durée des études et la difficulté du master et du concours cumulés. Nous revendiquons un statut de fonctionnaire stagiaire pour les enseignant-e-s en formation.
En l’état, la réforme des rythmes scolaires va alourdir les conditions de travail des personnels sans améliorer celles des élèves. C’est un non sens. Cette question qui ne saurait concerner que le premier degré (certains élèves de lycée peuvent avoir jusqu’à 10h de cours certains
jours), ne doit pas être isolée des autres questions éducatives. Nous sommes pour le retrait du décret dont le maintien instaurerait l’inégalité entre les territoires et renforcerait les tutelles locales sur l’école publique.
Dans l’académie, la réinstallation de 109 postes, quand les deux dernières rentrées en ont vu supprimer 556, marque la faiblesse de l’engagement budgétaire. La pause démographique dans le Cantal et l’Allier aurait pu permettre d’améliorer l’encadrement dans le premier degré mais non, c’est le choix des suppressions de postes qui est fait.

Cette dotation insuffisante permettra peut être et pour un temps de colmater quelques brèches mais certainement pas de préparer une rentrée dont le saut qualitatif justifierait le terme de "refondation".
C’est l’ensemble de ces raisons qui a justifié notre boycott du CTA du 16 janvier dernier.

SUD Éducation est opposé à l’absence d’ambition de cette politique éducative et continuera à développer d’autres revendications pour l’École laïque de la maternelle à l’université. Nous serons en grève et dans la rue le 31 janvier pour dire tout cela et défendre avec l’ensemble des salariés de la fonction publique, des services publics de qualité, accessibles à
tous sur l’ensemble du territoire ; des services publics générateurs d’égalité de droits. Parce que nous revendiquons le droit à la santé pour tous nous exprimerons à nouveau notre refus du "jour de carence".
Après une quasi décennie de blocage des salaires qui a tiré vers le bas les salaires de la fonction publique au point que 945 000 fonctionnaires sont concernés par l’augmentation d’un point d’indice survenue automatiquement début janvier pour alignement sur le SMIC, nous
serons aussi en grève pour revendiquer une augmentation générale des salaires.


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